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LE DIABLE DANS LA CUISINE - HELENE CALVEZ
Editions Atria - Septembre 2009 - 348 pages - 19 €

4° de couverture :
"Il y a seulement quelques mois, je vivais à Paris, et ma vie, placée sous la protection de la fée volupté, s'écoulait douce et paisible. Je me levais en milieu de matinée. Je déjeunais dans un bistrot qui liait casse du portefeuille et maigre-croûte. L'après-midi, j'écumais les boutiques dédiées à l’homme élégant, en prévision de ma soirée. Ensuite, je me rendais à l'officine chargée de me faire gagner toujours plus d'argent, profitant de mon passage pour harceler mes collaborateurs…
Aujourd'hui, à la suite d'un étrange concours de circonstances, je bois de l'eau à la fontaine des villages, mes fringues ne sont plus très nettes, la charité me nourrit, je jouis de ma chasteté retrouvée, et je suis devenu un détective de l'impossible… sur le chemin de Compostelle. La vérité est que je n'ai pas choisi cette… activité, c'est elle qui m’a élu ! Le coup du sort ou le coup de tête qui a chamboulé ma vie me permet d'élucider des affaires que le bon sens qualifie de crimes impossibles. Des crimes restés inexpliqués, si je n'en avais été le témoin providentiel… "

Hélène Calvez s'est fait remarquer par deux excellents livres mettant en scène des meurtres en chambre close (Femmes de chambre et Bâb). Elle nous offre ici trois belles énigmes de type insoluble, dans la lignée de "Ils étaient quatre à table" de J.D. Carr.
Trois variations sur le même thème : empoisonnement au cours d'un repas. Comment les assassins ont-ils réussi en introduire du poison alors qu'ils n'avaient aucune possibilité pour le faire ?
Et les trois solutions sont originales et possibles.
Mais ce n'est pas tout. Il n'y a pas que ces trois énigmes il y a tout ce qui va autour, tout ce qui fait la chair du roman et là, sincèrement, j'ai été très agréablement surpris par la richesse de l'écriture, par l'érudition dont a fait preuve l'auteur dans des domaines variés. On devine un gros travail de recherche.
Et puis il y a des clins d'oeil que tout amateur de romans d'énigme devrait apprécier. Exemple page 125 :
"Je comprenais mieux pourquoi le roman de mystère ne se publiait plus. Quel éditeur voudrait courir le risque de publier des ouvrages qui, au mieux, se classeraient dans la catégorie de la masturbation intellectuelle..."
Ou bien à la page 143 :
"Découvrir que ses chères énigmes n'amusaient qu'elle, que le jeu intellectuel tombait en désuétude au profit de la facilité scénaristique..."
Et il y en a bien d'autres. Moi des petites phrases comme ça, j'adore !

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